Textes

Minimal & Clean
«  Les figures immobiles de Davide Galbiati nous emportent dans des espaces où règne une gravité silencieuse. » M. King
Une sculpture est un instant ravi au vide comme les étoiles sont des minutes conquises sur l’infini.
Les figures immobiles de Davide Galbiati nous emportent dans des espaces où règne une gravité silencieuse. Les mains chirurgicales de Davide dissèquent patiemment le béton, la pierre, le bois à la découverte des âmes prisonnières.

 Henri Focillon parle ainsi des mains : « Elles sont presque des êtres animés. Des servantes ? Peut-être. Mais douées d’un génie énergique et libre, d’une physionomie – visages sans yeux et sans voix, mais qui voient et qui parlent. Certains aveugles acquièrent à la longue une telle finesse de tact qu’ils sont capables de discerner, en les touchant, les figures d’un jeu de cartes, à l’épaisseur infinitésimale de l’image ».

Davide est descendant en formes directes des sculpteurs de l’Egypte d’Osiris. Sa quête est identique. Tailler dans le fruit de la chair afin d’atteindre le pur noyau de l’indicible. Cette prospective ascétique réclame l’action recueillie du geste méditatif. Mais cette posture monacale de Davide ne met pas en sommeil son imaginaire. Le fabuleux coiffe la pureté de ses figures ésotériques. Le fantastique flambe dans la statique de ses œuvres. 

Il ne suffit pas d’être un poète du Sacré, il faut que la forme soit à la hauteur de la pensée. Davide Galbiati, sculpteur en féérie mystique, agence par plans savants des plages où l’ombre et la lumière dialoguent. Il nous offre tous ses mystérieux volumes aux forces émotionnelles qui rayonnent de l’intérieur et s’affirment en tension sur la surface visible. 

Davide Galbiati est un magicien.

Michel King
Président de la Societé Nationale des Beaux Arts

Mains et corps dans l’œuvre sculptée de Davide Galbiati

(Notes en approche)
Les mains des sculptures de Davide Galbiati sont bien attachées à leurs fins poignets. Mains ouvertes, simplement, mains méditatives, mains de paix. On les voit comme si elles avaient fait quelques signes, avec leur pouce tendu, les doigts légèrement repliés, ou bien comme si elles venaient de se saisir de quelque chose qu’elles viendraient juste de libérer, une chose fragile, un papillon par exemple, une chose impalpable, à peine visible. (A moins qu’elles ne soient papillons elles-mêmes). Elles ne sont là que pour manifester leur pure présence, pour n’être seulement que ce qu’elles sont : des mains sculptées dans le bois, la pierre ou le béton

Le sculpteur épris de béton

L’âme et la forme sont liées. L’artiste dans l’atelier sait cela, il expérimente à chaque instant ce compagnonnage entre visible et invisible que l’on appelle la vie. C’est ce lien subtil que Galbiati aime sculpter. Quand il ne réussit pas à le saisir, il sait qu’il a échoué et il reprend l’ouvrage. Parfois il faut attendre… le travail de la forme est mystérieux : la volonté, le savoir-faire, ne font pas toute l’œuvre, la grâce a sa part imprévisible. 

Davide Galbiati est attaché à son privilège d’artiste qui est de tirer vers le monde visible cette résonance de l’âme dans la forme.

Sculpteur d’âmes

Davide Galbiati est un sculpteur libre : La sculpture est son choix, le bois sa prédilection, le grand métier son héritage. Sa création s’élabore jour après jour hors du système de l’art en France. Il est le maître de son ouvrage. L’œuvre sculpté de Davide Galbiati se nourrit de l’espace imaginaire de l’arbre. 
Il cherche dans sa forme les figures qui l’habitent : la colonne, le chapiteau, l’homme debout. Avec ces ciseaux, Galbiati affronte sa forme ronde et verticale. Il sculpte le parfum de l’arbre équarri, encore vivant. Il se nourrit du souvenir de ses racines, de se ramifications et de ses fruits.